Projet de loi n° 69 pour moderniser les lois…
Le MARE participe aux consultations publiques, puis réagit
Le 11 avril, à Saint-Jean-sur-le-Richelieu, une membre du MARE nous a représentés aux consultations publiques du Projet de loi n° 69 pour moderniser les lois entourant l’énergie (PGIRE).
Il y avait des présentations par le personnel du ministère, le député Yves Montigny et autres. Ensuite on pouvait parler à nos tables pendant 35 minutes de la demande énergétique et ensuite un autre 35 minutes de l’offre énergétique.
Après les discussions, chaque table n’avait qu’un minuscule 8 minutes pour présenter le fruit de ces discussions !
Les notes n’étaient prises que de façon manuscrite, sur des feuilles que les fonctionnaires ramassaient par la suite.
C’est pourquoi le MARE a accepté de cosigner une lettre ouverte dénonçant cette parodie de consultation.

Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques du Québec (PGIRE) bâclé !
21 organisations de la société civile, dont le MARE, ont récemment signé 3 lettres portant sur un éventuel Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques du Québec (PGIRE). En effet, nous craignons que le nouveau ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) Bernard Drainville, dépose le tout premier PGIRE du Québec avant la fin de la session parlementaire le 6 juin 2026.
L’élaboration d’un PGIRE est un exercice que nous avons collectivement réclamé, mais qui doit être à la hauteur des enjeux auxquels nous faisons face, ce qui ne semble pas être le cas de l’actuel projet.
Voici des extraits de ces 3 lettres :
1) Le premier Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques du Québec (PGIRE) du Québec ne doit pas être bâclé
À l’exception des expert·es et des militant·es très vigilant·es, la société civile a, en pratique, été écartée de la réflexion sur l’avenir énergétique du Québec. Des fonds publics dilapidés dans la filière batterie au volte-face en faveur des centres de données, du projet de doublement des capacités d’Hydro-Québec à l’envahissement du privé et à l’introduction surprise du nucléaire et de l’hydrogène bleu parmi les options envisagées : la population est réduite au rôle d’observatrice impuissante des stratégies que le gouvernement improvise en série pour propulser un développement irréfléchi.
2) Le gaz naturel, l’éléphant dans le PGIRE
L’hypothèse du remplacement à grande échelle du gaz fossile par le gaz naturel renouvelable (GNR) n’est pas crédible et par conséquent, il est difficile d’expliquer pourquoi les scénarios du MEIE ne prévoient pas un abandon aussi rapide que possible du gaz — à moins de lire entre les lignes que l’objectif réel n’est pas de décarboner le Québec mais bien de protéger le réseau gazier dont certaines industries dépendent tout en retardant l’échouement des actifs d’Énergir.
3) La sobriété, voie de passage de la transition énergétique
La sobriété implique des freins à la surconsommation mais ne signifie pas un retour à l’âge de pierre. Déployée de manière à assurer la sécurité et l’épanouissement de toutes et tous, elle peut au contraire améliorer la qualité de vie. Les recherches en sciences sociales suggèrent d’ailleurs qu’une société plus égalitaire et moins orientée vers la consommation est aussi une société plus heureuse. Des quartiers complets et des milieux de vie à échelle humaine réduisent les besoins de déplacement. Des investissements dans le transport actif, collectif et partagé renforcent l’équité sociale. Des politiques publiques qui placent l’humain et la nature au cœur du modèle économique rendent superflues bien des infrastructures énergétiques coûteuses.
